Interventions diététiques et compléments alimentaires hypolipémiants.
Vos taux de cholestérol (Total, HDL, LDL) et de triglycérides doivent être en dessous de concentrations sanguines que seul votre médecin pourra préciser en fonction de vos antécédents et de vos comorbidités.
Ces valeurs "normales" sont les vôtres, pas les mêmes que celles de votre voisin(e) de table
=> Une prise de sang a été faite et votre médecin vous parle de limiter vos apports en cholestérol,
ça tombe bien, nous aussi :
Au Menu :
Le "toujours moins" étant le plus grand ennemi du mieux, il ne faut jamais faire de régime drastique et certainement pas à chercher à avoir les taux sanguins les plus bas possibles !
1. Il faut d'abord limiter l'apport : Les régimes très restrictifs en graisses sont inutiles et contre-productifs. Il est préférable d'équilibrer son alimentation et de limiter certains aliments riches en lipides sans les restreindre drastiquement.
2. Quelques interventions diététiques plus ou moins à la mode :
La restriction calorique modérée d'environ 20% à 25% de l'apport énergétique total journalier pendant 6 à 24 mois permettrait de diminuer les anomalies lipidiques mais aussi aurait un impact favorable sur la tension artérielle et le poids (14).
Le jeûne intermittent : autre approche de la restriction calorique, très (trop ?) à la mode qui s'inspire des pratiques religieuses (Carême, Ramadan, Judaïsme, Hindouisme,...)
=> Pas assez d'études pour conclure mais certaines (15) donnent des pistes qui renforcent l'hypothèse que modérer les apports alimentaires est protecteur : longévité, maladies cardio-vasculaires, cancer, cognition, inflammation,...)
Limiter l'absorption et favoriser l'élimination des lipides : Les céréales complètes sont composées de fibres solubles (Pectine, FOS, Betaglucannes) et de fibres insolubles (Cellulose) qui inhibent l'absorption du cholestérol par l'intestin, stimulent son excrétion biliaire et augmentent son excrétion fécale.
=> La consommation de pâtes complètes, riz complet tout comme les flocons d'avoine et autres céréales complètes à la place des céréales raffinées est donc évidemment hautement recommandé (15).
=> La consommation de fruits secs (noix, amandes) ainsi que des légumineuses et légumes secs plusieurs fois par semaine améliore également significativement le bilan lipidique (16)
2. Au-delà des aliments, les compléments alimentaires à activité potentiellement hypolipémiante.
Les principes actifs identifiés dans des formules largement distribuées de compléments alimentaires le sont à doses plus élevées que dans l'aliment natif avec des arguments plus ou moins recevables sur le plan scientifique.
Sont majoritairement proposés dans les compléments alimentaires :
- La levure de riz rouge = monacoline K (17) :

Les études d'intervention dans les essais cliniques indiquent une supplémentation en extrait de levure de riz rouge standardisé avec des doses variables, mais souvent 10mg/j de monacoline K (dose maximale autorisée en France) . Il y aurait moins d'effets secondaires musculaires (fatigue, douleurs, augmentation des CPK) qu'avec les statines mais vigilance sur le dosage et la qualité (absence de contaminants type citrinine toxique pour les reins) du complément choisi et surveillance du bilan hépatique et musculaire avant et pendant la prise et suivi médical obligatoire. Il ne faut pas associer les statines à la monacoline et ne pas consommer de jus de pamplemousse ✅ Respecter les doses recommandées, utiliser des produits standardisés et contrôlés, usage toujours encadré par un professionnel de santé.
- Les phytostérols et phytostanols (18) :

Ils agissent en entrant en compétition avec le cholestérol au niveau de l'intestin réduisant son absorption de 20 à 50% et son excrétion biliaire favorisée. L'allégation santé est retenue pour 2g/j (recommandations européenne et américaine). Certaines margarines, laits, yaourts sont enrichis avec ces composés avec 1 portion = 0,8 - 1 g de phytosterol. Il ne faut pas les consommer sans compter car leur consommation diminue la biodisponibilité des vitamines liposolubles (Vitamine A et beta-carotène, Vitamine D et Vitamine E). L'association aux statines est possible et peut amplifier la réduction du "mauvais" cholestérol. L'association aux antivitamines K (anticoagulants) est contre-indiquée. Bon à savoir, la curcumine potentialise l'effet des phytostérols (19).
- La berbérine,
- Les bétaglucannes et glucomannanes,
- Les polycosanols (canne à sucre, son de riz, cire d'abeille) : les études récentes n'ont pas confirmé l'effet des policosanols seuls sur le bilan lipidique tel que présenté dans les années 90's. De nouvelles études sont nécessaire car l'association avec d'autres composés bioactifs (levure de riz rouge) semble montrer des bénéfices dans des études plus récentes (2009-2010)
- Les gugguls,
- Les vitamines ,
- Les acides gras oméga3 associés au CoenzymeQ10
- Et… les probiotiques
3. Espoir d'une nouvelle classe thérapeutique : inhibition de la protéine PCSK9 par des anticorps monoclonaux.
Les statines sont habituellement prescrites lorsque le taux de cholestérol est élevé et s'associe à un risque de développer des maladies cardiovasculaires. Ces molécules sont variablement tolérées (douleurs musculaires)
